L’IA au profit de la santé

Contexte

Lundi 23 février, Doctolib, un géant du rendez-vous médical en ligne, a annoncé avoir investi 20 millions d’euros, soit l’équivalent de près de 33 millions de dollars canadiens, dans la création d’un « laboratoire d’intelligence artificielle clinique ».

Notamment en partenariat avec le CHU de Nantes, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), l’objectif de cet investissement est de développer des outils d’aide à la décision pour les médecins, ainsi qu’un assistant de santé pour les patients. L’entreprise française, fondée en 2013, est avant tout une plateforme de prise de rendez-vous médical. Grâce à son application en ligne, elle offrait déjà de faciliter l’accès à des services médicaux via la prise de consultations médicales en vidéo ou en présentiel, la possibilités d’échanges par message avec des soignants et la gestion de son dossier de santé.

Dans ses recherches collaboratives, Doctolib cherche à s’appuyer sur les diverses expertises pour éventuellement offrir aux médecins des outils d’aide aux décisions cliniques et aux patients une assistance de santé complète pour notamment mieux comprendre son diagnostic ou son traitement.

L’entreprise rappelle être en contact avec plus de 400 000 soignants, 1 000 établissements de santé et 90 millions de patients. Il a aussi recruté pour porter à 900 le nombre de personnes travaillant dans la recherche et le développement, dont 100 uniquement sur l’IA.

Doctolib veut développer des outils qui contrairement aux assistants IA généralistes, répondraient que lorsque le niveau de confiance est suffisant. L’entreprise souhaite également que sa plateforme soit entraînée par des connaissances validés et locales. Pour les services aux médecins, l’IA aiderait à la construction des antécédents médicaux, à la prescription et au diagnostic. L’IA pourrait aider à prédire le risque de survenue d’une maladie.

Toutes ces recherches seront publiées et accessibles pour favoriser l’innovation en santé en Europe, précise l’entreprise.

Analyse

Faciles d’accès et gratuits, les agents conversationnels alimentés par l’IA offrent des réponses en un clic. En revanche, ces réponses instantanées ne sont pas pour autant légitimes. Ils n’ont tout simplement pas été entraînés pour prodiguer des conseils de santé. Par cet investissement, Doctolib tente de renverser le statut de ces IAg en créant un système « Open Source » qu’on pourrait en fait qualifier de « Open Science ». En publiant ses recherches sur des plateformes publics, l’entreprise se protège d’une certaine part de méfiance de la part des publics. Doctolib mise sur une communication axée sur l’IA souveraine et validée localement, qui en soit est un argument de vente politique fort.

En intégrant une aide aux décisions médicales directement dans ses logiciels, son utilisation devient un outil presque indispensable aux médecins. C’est alors qu’on passe d’un service substituable, à un partenaire de travail quotidien. En communiquant des informations que sur des seuils de confiance élevés, Doctolib attaque directement la fiabilité parfois douteuse des autres IAg.

Accusé de monopoliser le marché il y a quelques années, l’Autorité de la concurrence avait auparavant octroyé une amende à l’entreprise pour « abus de leur positionnement dominant ». Sur le plan stratégique, l’IA clinique est un outil de fidélisation massive. Or, c’est là une possibilité pour l’entreprise de modifier cette réputation et d’adopter un angle de positionnement stratégique de leader européen en l’innovation de la santé. Voilà une opportunité pour l’organisation de miser sur une communication marketing innovante et un positionnement employeur fort.

Médecine et intelligence artificielle: s’en réjouir ou s’en méfier?

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The Autorité fines Doctolib

Source: Sud Ouest France

URL de la source: Doctolib lance un laboratoire d’intelligence artificielle clinique avec le CHU de Nantes et l’Inserm

Date de la publication: 24/02/2026

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