Pratiques des IA en communication stratégique
Comment j’ai fait
Dans cet article, je présente une expérimentation réalisée dans le cadre du cours sur les enjeux communicationnels des IA. À partir des rapports produits par ma cohorte et de la carte d’expérience collective des points de contact humains‑IA, j’ai ensuite utilisé principalement Gemini comme véritable partenaire de création pour imaginer une série d’images appelée « Cité‑Théâtre ». L’objectif est de montrer comment une agence de communication peut jouer un rôle de traducteur de confiance entre la technique et l’expérience humaine.
Concrètement, je suis partie des rapports et de la carte d’expérience pour rédiger ma propre synthèse, que j’ai ensuite soumise à l’IA dans un premier prompt de cadrage stratégique (clarification des points de contact, des opportunités, des risques et formulation d’une phrase‑problème orientée agence). Un deuxième prompt m’a permis de lancer un brainstorm visuel, puis j’ai choisi de combiner deux univers proposés plutôt que d’en accepter un tel quel, afin de construire mon concept de « Cité‑Théâtre » organisé en quatre scènes (santé, éducation, médias/consommation et rôle de l’agence). J’ai ensuite utilisé un troisième prompt pour transformer ce concept en brief créatif structuré pour chaque image, puis une dernière série de prompts courts dédiés à la génération d’images dans Gemini, en exploitant sa fonctionnalité de cohérence de style visuel. Ma stratégie de prompting suit ainsi les étapes du double diamant : une première phase de divergence/convergence pour comprendre et définir le problème à partir des rapports, puis une seconde phase de divergence/convergence pour développer et livrer une solution visuelle cohérente et exploitable par une agence.
Ce que j’ai appris sur la méthode
Dans cette expérimentation, l’IA m’a surtout aidée à mettre en forme ce que notre groupe avait déjà produit, plus qu’à inventer un contenu entièrement nouveau. Ses premières réponses ont été très utiles pour clarifier rapidement la structure du problème; elle a dégagé les grands types de points de contact humains-IA, résumé les opportunités et les risques et formulé une phrase‑problème qui positionne bien les agences comme « traducteurs de confiance ».
En même temps, le processus m’a montré les limites de l’IA si on la laisse travailler seul. C’est là que mon rôle est devenu central car j’ai dû sélectionner, reformuler et combiner plusieurs idées pour arriver à la Cité‑Théâtre, en gardant une intention claire (rendre visibles les points de contact, travailler la métaphore scène/coulisses, valoriser le rôle de l’agence). Les meilleurs résultats ne viennent pas d’un prompt magique, mais d’allers‑retours où l’on recadre le vocabulaire, les contraintes et les enjeux éthiques.
Je considère donc la relation avec l’IA comme un dialogue créatif encadré, et non comme une délégation : l’IA propose des pistes et structure le langage, mais c’est moi qui décide des secteurs à représenter, du point de vue adopté et de la place donnée à l’agence dans chaque image.
Mon principal apprentissage, et la recommandation que je ferais à d’autres, est qu’utiliser l’IA en communication, ce n’est pas seulement vérifier les faits, c’est aussi assumer une véritable direction artistique et éthique sur ce qu’elle produit, afin de rester cohérent avec le rôle de « traducteur de confiance » attendu d’une agence.
Ce que j’ai appris sur le sujet
Le livrable final prend la forme d’une série de quatre images regroupées sous le concept de « Cité‑Théâtre », qui traduisent visuellement les points de contact humains-IA identifiés dans les rapports. Les réponses de l’IA m’ont d’abord permis de clarifier l’écosystème : multiplication des interactions via les terminaux mobiles, les objets connectés et les services numériques, articulation entre IA prédictive (anticiper les besoins) et IA générative (produire des contenus et des recommandations), ainsi que les principaux risques (hallucinations, opacité, confidentialité, confiance).
À partir de ce cadrage, nous avons co‑construit quatre scènes : le soin augmenté en santé, l’apprentissage adaptatif en éducation, le miroir des désirs pour les médias et la consommation et la régie de supervision qui incarne l’agence. La même ville en verre met toujours en tension la scène visible pour l’usager (interfaces, services, expériences) et les coulisses algorithmiques (flux de données, serveurs, risques) de façon simple à lire.
D’un point de vue de visibilité créative, la cohérence de style et la métaphore architecturale rendent les points de contact immédiatement repérables; du point de vue de lisibilité stratégique, chaque image souligne clairement le rôle de l’agence comme gardienne de la confiance entre l’IA et les publics, ce qui en fait un support exploitable pour une réflexion décisionnelle.

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